Covid-19 et solitude
Autopsie d’une fracture silencieuse – Regard ConSenslys
Enquête anthropologique et sociologique sur l’individu, la société française et les modèles internationaux
MIntroduction – La pandémie invisible
Lorsque la pandémie de Covid-19 frappe la France en 2020, la société se mobilise autour d’indicateurs sanitaires : taux d’incidence, hospitalisations, mortalité, saturation des services de soins. Ces chiffres sont nécessaires. Mais ils ont masqué une autre crise, plus lente, plus diffuse, et pourtant tout aussi structurante : la crise du lien social.
Progressivement, dans les consultations, les échanges, les appels à l’aide, un mot revient avec insistance : la solitude.
Non pas la solitude choisie, réparatrice, mais une solitude subie, installée, parfois honteuse, souvent tue.
Cet article propose une analyse approfondie des conséquences du Covid-19 sur la solitude en France, en les mettant en perspective avec d’autres pays, et en proposant une lecture ConSenslys : humaine, contextualisée, non culpabilisante, orientée vers des solutions concrètes.
De quoi parle-t-on vraiment quand on parle de solitude ?
Solitude et isolement : une distinction essentielle
La solitude est un ressenti subjectif : on peut se sentir seul tout en étant entouré.
L’isolement relationnel est une réalité objective : peu ou pas de contacts réguliers avec l’entourage.
Les enquêtes de la Fondation de France montrent qu’après la crise sanitaire :
près d’un Français sur quatre se sent régulièrement seul,
environ 12 % de la population vit en situation d’isolement relationnel.
👉 Cette distinction est fondamentale :
on ne soigne pas une solitude ressentie en ajoutant mécaniquement des relations, et l’on ne combat pas l’isolement uniquement par des discours sur le “moral”.
Solitude choisie / solitude subie
La solitude peut être :
choisie : besoin de repos, de retrait, de recentrage ;
subie : vécue comme une mise à l’écart, une perte de place, une invisibilisation.
La solitude post-Covid est majoritairement subie, car elle résulte de ruptures imposées et prolongées.
Le Covid : une rupture anthropologique du lien.
Le confinement et les restrictions sanitaires ont constitué un événement inédit dans l’histoire contemporaine : la suspension volontaire et prolongée du contact humain, transformée en norme morale.
D’un point de vue anthropologique, quatre piliers du lien social ont été touchés :
1. Le corps
Interdiction du toucher, de la proximité, de l’accompagnement physique.
Or, le lien humain est fondamentalement corporel.
2. Le rythme
Les relations se nourrissent de micro-rituels : salutations, pauses, trajets, rencontres informelles.
Le Covid a détruit ces rythmes, et ils ne se réinstallent pas spontanément.
3. Les lieux
Écoles, clubs, cafés, associations, salles d’attente, lieux culturels :
leur fermeture a signifié bien plus qu’un arrêt d’activité – une disparition des espaces d’existence sociale.
4. Le sens
Quand les règles changent fréquemment et semblent parfois incohérentes, l’effort demandé (se priver de lien) perd sa lisibilité.
La solitude devient alors dissonante et douloureuse. Covid : une rupture anthropologique du lien
La solitude post-Covid n’est pas répartie au hasard
Les données de l’INSEE montrent que le sentiment de solitude est fortement corrélé :
aux conditions de vie,
à la précarité,
à la stabilité professionnelle,
à l’accès aux lieux sociaux.
👉 Lecture ConSenslys :
la solitude n’est pas un échec personnel, mais souvent le résultat d’une désaffiliation progressive, liée à des contraintes économiques, sociales et territoriales.
Les populations les plus touchées
Les jeunes
Sur-connectés mais relationnellement appauvris, les adolescents et jeunes adultes ont perdu des espaces fondamentaux de construction identitaire.
La Santé publique France observe une augmentation marquée de la détresse psychique chez les jeunes après la crise.
Les personnes âgées
Au-delà de l’isolement, beaucoup ont perdu leur rôle social.
Le message implicite “tu es fragile, reste à distance” a parfois renforcé un sentiment d’inutilité.
Les télétravailleurs isolés
Le travail assure un lien minimal. Sa dématérialisation prolongée a supprimé l’informel, l’appartenance, la séparation vie pro/vie perso.
Les professionnels du soin et du social
Très entourés physiquement, mais souvent seuls émotionnellement, faute d’espaces de décharge et de reconnaissance.
Le numérique : solution partielle, illusion parfois
Le numérique a permis de maintenir des contacts, mais il ne remplace pas la présence :
il maintient la connexion,
pas nécessairement la relation.
Fatigue, comparaison sociale, superficialité des échanges ont parfois renforcé le sentiment de vide.
Regard international – Ce que d’autres pays nous apprennent
🇩🇰 Danemark – La prévention du lien
Le Danemark a mieux amorti la solitude grâce à :
une forte confiance institutionnelle,
un tissu associatif local dense,
une prévention active de l’isolement.
👉 Le lien n’est pas laissé à la seule responsabilité individuelle.
🇩🇪 Allemagne – La stabilité comme protection
Des règles plus lisibles et territorialisées ont permis de préserver les repères sociaux et de limiter la désorientation collective.
🇯🇵 Japon – Le risque du retrait normalisé
Le Covid a renforcé des dynamiques de retrait déjà existantes (hikikomori, morts solitaires).
Quand le retrait devient culturellement acceptable, la solitude devient invisible.
🇺🇸 États-Unis – Individualisme et fragmentation
Faibles filets sociaux, forte responsabilisation individuelle : la solitude est vécue comme une défaillance personnelle, avec des conséquences lourdes (addictions, violences, suicides).
🇫🇷 France – Une position intermédiaire
La France protège relativement bien matériellement, mais reste fragile sur le plan relationnel de proximité.
👉 La France soigne les corps mieux que les liens.
🌸 Bilan ConSenslys – Où en suis-je avec la solitude ?
Test d’auto-positionnement (gratuit – 5 minutes)
👉 Ce questionnaire n’est ni un diagnostic, ni une évaluation médicale.
Il vise à t’aider à mieux comprendre ta situation relationnelle actuelle, après la période Covid et ses conséquences.
👉 Réponds spontanément, sans trop réfléchir.
👉 Choisis la réponse qui te ressemble le plus ces dernières semaines.
📝 Les questions (QCM)
1. Globalement, te sens-tu seul(e) ?
A. Rarement ou jamais
B. Par moments, selon les périodes
C. Souvent
D. Presque tout le temps
2. As-tu des contacts réguliers (physiques ou téléphoniques) avec des proches ?
A. Plusieurs fois par semaine
B. Environ une fois par semaine
C. Moins d’une fois par semaine
D. Très rarement ou jamais
3. Te sens-tu compris(e) ou écouté(e) quand tu échanges avec les autres ?
A. Oui, la plupart du temps
B. Parfois
C. Rarement
D. Jamais
4. As-tu l’impression d’avoir “une place” dans la vie sociale (famille, travail, groupe, quartier) ?
A. Oui, clairement
B. Un peu, mais fragile
C. De moins en moins
D. Pas du tout
5. Depuis la période Covid, ton réseau relationnel a-t-il évolué ?
A. Il est resté stable ou s’est enrichi
B. Il a légèrement diminué
C. Il s’est fortement réduit
D. J’ai presque tout perdu
6. As-tu envie de voir du monde ou d’entrer en relation ?
A. Oui, naturellement
B. Oui, mais avec appréhension
C. Peu ou rarement
D. Non, je n’en ai plus l’énergie
7. Te sens-tu à l’aise pour demander de l’aide ou du soutien ?
A. Oui, sans difficulté
B. Oui, mais seulement à certaines personnes
C. Difficilement
D. Pas du tout
8. Comment vis-tu les moments de solitude ?
A. Je les apprécie ou les gère bien
B. Ça dépend des moments
C. Ils sont souvent pesants
D. Ils sont très difficiles à vivre
9. As-tu un ou plusieurs lieux où tu te sens “à ta place” (travail, café, association, groupe…) ?
A. Oui, plusieurs
B. Oui, un ou deux
C. Très peu
D. Aucun
10. Te projettes-tu facilement dans des relations futures ou des projets collectifs ?
A. Oui, sans problème
B. Avec quelques doutes
C. Difficilement
D. Pas du tout
🔢 Calcul des résultats
Attribue les points suivants à chaque réponse :
A = 0 point
B = 1 point
C = 2 points
D = 3 points
👉 Additionne tes points (score total sur 30).
📊 Interprétation des résultats
🟢 0 à 6 points – Solitude faible ou protectrice
Tu disposes de liens suffisants ou d’une solitude plutôt choisie.
👉 Continue à entretenir tes relations et tes lieux ressources.
Menu conseillé :
🥗 Remise en appétit relationnel (préventif)
🟡 7 à 14 points – Solitude fluctuante
Tu traverses probablement une période de fragilité relationnelle, parfois liée à la fatigue, au stress ou à des changements récents.
👉 Le lien est encore présent, mais fragilisé.
Menu conseillé :
🍝 Lien simple, lien sûr
🟠 15 à 22 points – Solitude installée
La solitude est devenue pesante et influence ton moral, ton énergie ou ton rapport aux autres.
👉 Il ne s’agit pas d’un manque d’effort, mais souvent d’un repli progressif.
Menu conseillé :
🍲 Cuisine collective
ou accompagnement court
🔴 23 à 30 points – Isolement et souffrance relationnelle
La solitude est probablement source de souffrance importante.
Tu peux te sentir déconnecté(e), sans place, ou sans énergie pour créer du lien.
👉 Il est important de ne pas rester seul(e) avec cela.
Menu conseillé :
🍰 Accompagnement ConSenslys
(écoute, compréhension, plan progressif)
🌸 Positionnement ConSenslys – Important à lire
La solitude n’est pas une faiblesse
Elle n’est pas une maladie
Elle est souvent une réaction humaine à des ruptures, des pertes ou un contexte social difficile
👉 Il est possible de reconstruire du lien, à son rythme.
👉 Et maintenant ?
Tu peux :
choisir un menu adapté à ton score,
demander un échange exploratoire (court, sans engagement),
ou simplement revenir à ce test plus tard pour mesurer ton évolution.
🌱 À conSenslys c’est déjà commencer par se situer.
Les solutions ConSenslys – Présentées comme un menu
Parce que le lien se reconstruit comme on se nourrit : progressivement.
🥗 Menu 1 – “Remise en appétit relationnel”
Pour solitude récente, fatigue sociale.
Recette
2 présences hebdomadaires de 15–20 min dans un lieu neutre
sans obligation d’échange
🎯 Objectif : réactiver l’appartenance.
🍝 Menu 2 – “Lien simple, lien sûr”
Pour solitude installée.
Recette
1 contact sécurisant
format court, régulier
droit de dire “je n’ai pas d’énergie”
🎯 Objectif : restaurer la confiance relationnelle.
🍲 Menu 3 – “Cuisine collective”
Pour isolement durable.
Recette
petit groupe encadré
médiation par l’activité
cadre sécurisant
🎯 Objectif : réapprendre le lien sans pression.
🍰 Menu 4 – “Accompagnement ConSenslys”
Quand la solitude devient souffrance.
Recette
accompagnement court (3 à 5 séances)
plan réaliste et progressif
🎯 Objectif : sortir de la spirale sans brusquer.
Conclusion – Ce que la solitude post-Covid nous dit de notre société
La solitude n’est ni une faiblesse, ni une maladie.
Elle est un signal social.
Le Covid n’a pas seulement été une crise sanitaire, mais un révélateur anthropologique :
de nos fragilités relationnelles, mais aussi de notre capacité à reconstruire du lien autrement.
🌸 À conSenslys, ce n’est pas “aller mieux seul”.
C’est oser revenir au lien, à son rythme, sans honte.